LA MORT; Un business au Cameroun

Lorsque dans les pays occidentaux, les gens pour avoir l’argent apporte plus sur la technologie, l’invention…etc, dans mon pays, le Cameroun, La mort est un business. Comment est-ce possible? Décorateurs, traiteurs, pleureuse professionnelle, groupe de danse,

fanfare, DJ, reporters et même le religieux… Enterrer un proche, ça peut coûter très cher, ou rapporter gros d’après une enquête de JEUNE AFRIQUE sur un marché très lucratif au Cameroun. « Il n’y a pas de honte à l’avouer, explique Charlotte, pleureuse professionnelle. Dès l’annonce d’un décès, je me précipite immédiatement dans la famille. Peu importe que je connaisse le défunt ou non. Mon rôle, lors des veillées, c’est d’être éprouvée, de pleurer à chaudes larmes et d’entraîner toute l’assistance avec moi. Certaines

pleureuses vont jusqu’à se déshabiller, mais pas moi».  Pour sa prestation, elle peut espérer toucher 5 000 à 20 000 F CFA (7,60 à 30 euros) – tout dépend du statut social de la famille, et de son porte-monnaie. À 32 ans, Constance a elle aussi flairé le filon et s’est spécialisée dans la vente de pagnes et de foulards à l’effigie des disparus. Pas besoin de prospecter bien longtemps pour décrocher un marché, assure-t-elle. Le bouche à oreille fonctionne bien.  Et puis « on connaît toujours quelqu’un, qui connaît la cousine d’un défunt ».(Source:Jeune Afrique)

Au Cameroun, le marché est extrêmement juteux, confirme Walter Bertrand, journaliste et maître de cérémonie lors de funérailles. Entre la restauration, la logistique (location de tentes, de chaises, de groupes électrogènes…) et la communication (banderoles, panneaux de signalisation, reportage, sonorisation), les familles qui le peuvent n’hésitent pas à s’endetter lourdement, et même sur plusieurs années, pour offrir à leurs proches des obsèques pouvant coûter 5 à 20 millions de F CFA, une fortune dans un pays où le salaire moyen mensuel est estimé à environ 53 000 F CFA.(…) Si le défunt est un homme qui avait noué des relations à travers le monde, les invités seront forcément costauds. Les cérémonies qu’organise Walter Bertrand reflètent toujours la condition sociale du défunt. » Pour 100 000 F CFA, tarif réservé aux fonctionnaires, il fournit le service minimum : l’adresse du menuisier pour le cercueil, celle du fossoyeur, du DJ, des groupes de danse traditionnelle… Pressés, vivant en zone urbaine et ignorants des réalités villageoises, les industriels endeuillés versent, eux, jusqu’à 500 000 F CFA. Pour ce prix-là, Walter contacte les différents professionnels, coordonne leurs activités, fait l’imprésario et réalise un documentaire de deux heures – carte postale du village, biographie du défunt, histoire des danses folkloriques, tout y est.

Car tout se paie dans un enterrement, même ce que l’on appelle ici pudiquement « le religieux ». Sollicitées pour les messes funèbres en soirée et pour des veillées jusqu’à l’aube, les chorales autonomes fonctionnent comme de véritables petites entreprises et annoncent des prix variant de 50 000 à 150 000 F CFA. Certains prêtres sont, eux, soupçonnés de choisir les messes qu’ils vont célébrer, leur préférence allant aux familles les plus nanties. Ce que dément vigoureusement l’abbé Grégoire Nkouly, de la paroisse Christ Roi de Tsinga : « Le prêtre va partout, chez le ministre comme chez l’ouvrier. Dans les deux cas, une messe de funérailles coûte 10 000 F CFA », explique-t-il, avant de reconnaître que c’est le montant de la collecte qui fait la différence : dans les « grands deuils », un fidèle peut donner jusqu’à 100 000 F CFA. « Si on multiplie cela par vingt, on arrive à une somme appréciable, que l’Église ne peut refuser. »

Même les hommes politiques ne s’y sont pas trompés. Les enterrements sont par endroits devenus de véritables QG de campagne où l’on recrute, autour d’un cercueil, de nouveaux sympathisants.

Où va-t-on avec cet amour de l’argent! Au Cameroun la mort d’autrui n’est que réjouissance pour d’autres âmes. Et pourtant, Le deuil est une réaction et un sentiment de tristesse éprouvée suite à la mort d’un proche. lorsqu’une personne est attachée à l’être perdu, elle entre dans une période de tristesse et de remise en cause, voire de dépression nerveuse.  Alors, un deuil devrait être un endroit de tristesse et non de réjouissance. Avant, nous respections les morts et l’on cotisait des sommes énormes pour aider la famille du défunt.

Un musicien camerounais a dit un jour: «Témoignez-moi lorsque je suis en vie ». Toutes ces dépenses ne servent à rien, car le mort ne saurait être sensible à ces choses! Le mieux c’est de dépenser de l’argent sur une personne  malade pour qu’il recouvre la santé que sur un mort. Pardon! Prenons un peu conscience pour expérer un avenir radieux au Cameroun…

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2 réponses à “LA MORT; Un business au Cameroun

  1. JB j’ai vu ce blog grace à une ami donc j’ai parlée de toi. J’apprécie ce que tu fais. Je t’ai envoyer plusieurs messages mais tu es resté muet. Sache que ta nièce et moi tu nous manque. J’espère qu’un jour tu viendras ici au canada. Je t’enverrais les photos. N’oublie pas je t’aime.

  2. … ou comment exploiter une tradition en commerce juteux !!!

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